« Mon papa, il est policier ! » Ces quelques mots, tous les enfants les disent un jour dans la cour de récré. Ils sonnent comme un avertissement, une menace au bout de l’énième dispute, le coup de pied ou la place volée sur la balançoire. Chez nous, ces quelques mots résonnent autrement. Particulièrement aujourd’hui.

Leur papa est policier.

C’est son métier. Son quotidien. Et forcément le nôtre. Leur papa est policier et j’ai envie de leur dire qu’il exerce le métier le plus difficile, mais le plus nécessaire du monde. Leur expliquer chaque jour qu’on peut être fières de lui, toutes les trois. Qu’il est leur papa et nous protège. Qu’il est policier et protège tous les gens. Qu’il enfile tous les jours son uniforme avec honneur et courage.

« Un peu comme un super héros, alors ? »

Oui, un super héros de tous les jours ! Grâce à lui et à ses milliers de collègues qui se lèvent tous les jours, ne comptent jamais les heures, les nuits, les week-ends, subissent les horaires surchargés, le manque de moyens, d’effectifs, de locaux, les pressions, les injustices, les critiques gratuites… Grâce à eux, nous, tous les autres papas et mamans, et tous les enfants, on peut aller travailler ou aller à l’école. Aller faire des courses ou voir un match de foot. Dans un monde où il y a des méchants qui font régner la terreur, nous, on peut continuer à vivre en sécurité parce qu’ils sont là, tous ces super héros du quotidien.

Leur papa est policier, mais je ne veux pas qu’elles aient peur

Pourtant je ne peux m’empêcher de me dire qu’en exerçant simplement son métier qui est de protéger tout le monde, il pourrait ne plus être là pour nous protéger, nous.

Ce soir, j’ai évité soigneusement qu’elles entendent la radio ou la télévision. Tout comme j’ai évité il y a 10 jours qu’elles entendent injustement que « dans notre pays, les policiers tuent les petits enfants ».

Ce soir, c’était à moi de les protéger, parce que leur papa est parti travailler. Avec autant de courage et d’honneur que chaque jour. Avec la force qu’on lui a ré-insufflée par notre petit coup de fil et les milliers de bisous qu’on lui a envoyés avant d’aller faire dodo.

Les policiers portent l’arme, mais sont des cibles

Il aurait pu être à Liège aujourd’hui et tomber sous les coups d’un fanatique radicalisé au nom d’un hypothétique dieu.

Il aurait aussi pu être dans un combi de police avec ses collègues il y a une dizaine de jours, à la poursuite d’une camionnette remplie de migrants.

Il est policier et je suis fière de le dire. Il est humain. Comme vous et moi. Il est leur Papa.

Je n’en avais jamais parlé sur mon blog. Mais aujourd’hui, pour lui et pour ses milliers de collègues qui souffrent la perte de deux des leurs, je pose ces mots très personnels pour leur dire simplement MERCI d’être là. De risquer leur vie pour qu’on puisse vivre la nôtre. D’être nos super héros.

 

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