Tout va très bien, mais je n’ai pas oublié

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Il y a quelques semaines, nous avons fêté les 7 ans de ma Prem’s ! Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous avez peut-être vu le gâteau que je lui ai préparé, ou encore les cadeaux qu’elle a reçus. Le 31 octobre est un moment festif depuis sa naissance, en 2012. Et pourtant… et pourtant… si sa naissance a été une fête, elle me rappelle aussi combien mes premiers pas en tant que Maman ont été difficiles.

Vous l’aurez peut-être compris, l’article que je m’apprête à vous livrer est très personnel. J’ai longtemps hésité à l’écrire. Il est d’ailleurs dans mes brouillons depuis plusieurs années et sous divers titres, dont « mes idées bleues« …

Chaque année, je fête l’anniversaire de ma Prem’s avec beaucoup de joie. Mais les quelques semaines qui suivent son anniversaire me rappellent aussi mes balbutiements en tant que Maman. Cette vague d’amour que je n’arrivais pas à gérer, que je n’avais pas vraiment envie de gérer. Qui me submergeait et dans laquelle je me suis noyée.

Ne nous méprenons pas… La Prem’s est un bébé très désiré, et j’ai vécu une grossesse et un accouchement de rêve. Mais quand j’ai eu mon bébé dans les bras, c’est la panique qui m’a envahie. C’est violent comme sentiment. Et on ne peut plus déstabilisant. Autour de moi, tout le monde était heureux, content et fier de ce petit être venu au monde. Et moi, je perdais pied. Je ne savais pas si j’étais vraiment prête à endosser ce rôle de maman, si j’allais réussir.

Et surtout, j’avais le vertige à l’idée que désormais et pour longtemps, un tout petit être dépendait entièrement de moi pour vivre. Que ma vie, que notre vie allait changer du tout au tout. J’avais pourtant eu 9 mois pour m’y préparer. Mais la réalité de sa naissance m’a littéralement engloutie. J’étais heureuse et je m’occupais machinalement de ma fille, en apprenant les premiers gestes que toute maman apprend. Et en même temps, j’avais peur de tout, peur de mal faire, peur qu’elle ne se sente pas bien, peur qu’on me considère comme une mauvaise mère. Dès que je pouvais fuir, je le faisais…

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Dans ma vie, dans mes études et dans mon boulot, j’ai toujours maîtrisé tout ce que je faisais. Mais là, j’avais face à moi un petit être livré sans mode d’emploi. A-t-elle assez bu? Est-ce qu’elle n’a pas froid ? Pourquoi elle pleure ? Pourquoi ne dort-elle pas ? Rien. Je ne maîtrisais rien et cela me faisait peur.

PapaGirls a été très compréhensif et très patient. J’ai été aussi entourée par mes parents. Avec le recul, ils ont tous, tour à tour, semé des petites graines qui ont germé en moi et qui ont fait que ce (gros) baby blues en est resté au stade de baby blues, sans tomber dans une dépression post-partum. Je reste convaincue que ça aurait pu mal tourner si je n’avais pas été si bien entourée.

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Cela a duré 3 semaines, sûrement les 3 semaines les plus compliquées de ma vie, celles pour lesquelles je ressens encore une grosse culpabilité aujourd’hui. Ne pas avoir été sa maman à 100 %, avoir eu des envies de retour en arrière ou de tout envoyer valser. Vouloir retourner au boulot parce que je savais que là, je gérais et je savais ce que je devais faire. Alors que je me sentais totalement démunie dans mon tout nouveau rôle de maman. Un rôle que j’avais pourtant désiré si longtemps. Ce qui me rendait encore plus coupable et plus triste. Un vrai cycle infernal.

Qui a pris fin tout naturellement quand PapaGirls a dû reprendre le travail, environ 3 semaines après la naissance de notre petite fille. Seule face à elle, je me suis rendu compte que je gérais ! Qu’elle était bien, qu’elle allait bien, qu’elle grandissait bien. Qu’elle ne m’en voulait pas d’être imparfaite et d’avancer à tâtons avec elle. Qu’on pouvait grandir ensemble toutes les deux, dans nos rôles de mère et fille. Et que ce n’était pas si grave de ne pas avoir de mode d’emploi. L’instinct a pris le dessus.

7 ans plus tard, on évoque encore parfois cette période « bleue » avec PapaGirls ou en famille, mais je n’aime pas trop en parler moi-même. Il reste quand même quelques regrets sur ces 3 premières semaines de la vie de ma fille, pour qui je n’étais pas vraiment là à 100 %.

Alors pourquoi avoir écrit cet article aujourd’hui ? Peut-être parce que j’en avais besoin. Pour montrer que la page est aujourd’hui tournée, car on a écrit tellement de beaux chapitres depuis ! Et pour dédramatiser aussi. Montrer à toutes celles qui passent par-là ou qui sont passées par-là, que ce soit au premier, deuxième ou sixième enfant, qu’elles ne sont pas seules. Que comme tout le reste, ça passe. Et que les beaux moments qui suivent les submergeront d’une vague encore plus forte. ❤

 


4 réflexions sur “Tout va très bien, mais je n’ai pas oublié

  1. Je pense que c’est important aussi, d’en parler, car beaucoup de femmes traversent ces premières turbulences et culpabilisent beaucoup de ressentir ces émotions. Pourtant, ça n’a rien de dramatique – il faut je crois oser s’en ouvrir, en parler, pour justement aller de l’avant!

    Aimé par 1 personne

    1. En effet, c’est très culpabilisant. Et combien de fois j’ai entendu, durant cette période « Mais ton bébé est sage et parfait, tu construis une belle famille, t’as tout pour être heureuse ! Alors pourquoi ça va pas ? ». C’est comme un couteau qu’on remue dans la plaie, parce qu’on le sait au fond de soi, on se pose cette question 1000 fois par jour, comme une vraie torture. Mais on n’a pas la réponse… jusqu’au jour où on passe le cap. Merci d’être passée par ici, Picou 🙂 Sans le vouloir, cet article fait écho à ton dernier, puisque c’est un brouillon qui date d’au moins 2 ans. Et qui s’est débloqué la semaine passée en quelques heures. Comme quoi…

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