Souvent, mes idées d’articles me viennent un peu par hasard, lors d’un moment particulier passé avec les filles, durant mes trajets quotidiens en train, ou au gré de mes insomnies… Des articles inspirés par des événements importants ou par des instantanés qui peuvent paraître insignifiants sur le moment, mais qui comptent beaucoup, eux aussi.

Et puis il y a les articles qu’on programme, auxquels on réfléchit toute la journée. Et au moment de prendre la plume (oui, j’ai un petit côté poétique), l’article prend une toute autre tournure et on se retrouve là où on ne s’y attendait pas.

L’article d’aujourd’hui est un de ceux-là. Après 2 jours à lister les choses que je voulais vous dire sur nos dernières lectures du soir avec les Girls, au moment de poser les doigts sur le clavier, ce soir, je ne sais pas où je vais.

J’ai passé l’un de ces fameux 5 à 7 solo, après une journée de travail bien remplie. J’ai récupéré les filles, me suis occupée d’elles. On a mangé, elles ont pris leur bain, BébéCha a bu son biberon, on a rigolé, j’ai lu 2 jolies histoires, fait des dizaines de bisous et fermé les portes de leurs chambres, pour ne plus les voir avant demain soir, puisque demain matin, je serai déjà partie quand leur Papa les réveillera (en théorie hein, on n’est jamais à l’abri d’un réveil nocturne pour doudou perdu ou dent qui perce).

Et elles me manquent déjà. C’est le paradoxe maternel dans lequel je plonge très souvent ces derniers temps. Avec elles, j’aspire à retourner au boulot. Sans elles, je mesure un vide et un manque indescriptibles.

BébéCha grandit et désormais, on se comprend beaucoup mieux tous les 4. Notre petite famille a atteint un tel équilibre que j’ai envie de graver chaque moment de peur que tout vacille. Parce qu’on est encore dans le bonheur fragile, dans l’instable. Alors ce soir, seule devant mon écran, je ferme les yeux et je grave…

L’odeur si particulière et si unique des cheveux de BébéCha, acidulée et sucrée, à laquelle je me shoote quand elle vient sur mes genoux pour boire son biberon.

Les grands yeux bleus de Poupette dans lesquels je peux lire à livre ouvert, elle n’a pas besoin de me dire qu’elle n’a plus faim ou qu’elle est fatiguée.

Les 2 mini trajets en voiture, entre la gardienne, la maison de Papy et la nôtre, quand je cède au CD de La Reine des Neiges, que je les entends chanter à tue-tête  et qu’on attend que la chanson soit terminée avant de sortir de la voiture.

Le sourire d’une BébéCha tellement fière d’avoir réussi à enfiler son manteau toute seule.

Ses grandes discussions en langage charabia, mais avec une telle intonation  et un tel aplomb qu’elle pourrait convaincre n’importe qui de la suivre n’importe où.

Ce moment précieux, après le biberon de BébéCha et avant de monter au lit, quand on téléphone à Papa au travail, qu’on met le haut-parleur et qu’on lui raconte toutes les 3 notre journée.

Ce premier vrai « auvwar Papa » de BébéCha, en agitant sa petite main et en faisant des bisous sur le téléphone. Ce message audio WhatsApp que Poupette a voulu envoyer à Papa pour lui dire qu’elle l’aime « jusqu’à la lune et jusqu’aux étoiles ».

Cet enthousiasme (oui, vous lisez bien) quand je leur dis « et maintenant, on va au dodo ! »
« ouéééééééé »

Leurs rituels du soir : une histoire pour BébéCha, un bisou-câlin entre sœurs, le coucher de BébéCha après un passage en revue de tous les animaux de sa chambre, l’histoire de Poupette, les « 5 bisous et tu comptes – et le dernier c’est moi qui le fais – tu vas où maintenant ? »

Alors oui, il y a eu la crise de BébéCha qui ne voulait pas marcher en sortant de la voiture ; celle de Poupette qui ne trouvait plus les gants d’Elsa ou qui n’avait pas envie du canard en plastique que sa sœur avait mis dans le bain ; ces pleurs de BébéCha au moment de lui nettoyer le nez au sérum phy ou quand il a fallu attendre que le biberon sorte du micro-ondes.

Autant de moments insignifiants pour vous.

Mais je prends le package. Tout. Chaque instant. Parce qu’ils font qu’aujourd’hui, en ce 19 janvier 2017, je n’ai jamais été aussi heureuse d’être leur maman.

 

*** Crédit illustration : Crayon d’Humeur by Mathou ***
http://www.crayondhumeur.com
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