Je ne vous apprendrai rien sur le fait qu’aujourd’hui, c’est la « Journée de la Femme ». Ou plutôt, la « journée DES DROITS de la femme ». UNE seule journée par an pour conscientiser les esprits sur les différences. Pour moi, c’est avant tout une journée pour lutter contre les inégalités entre hommes et femmes, mais pas pour l’égalité.
Une journée qui a le mérite d’exister, oui… mais au fond, devrait-elle vraiment exister ?

Et vous mes filles ? Quel avenir avez-vous en tant que femmes dans le monde qu’on vous construit ?

Dans 20 ans, dans 30 ans, connaîtrez-vous encore cette fameuse journée des droits de la femme ? Devrez-vous encore vous battre contre les remarques sexistes et déplacées ? Aurez-vous la possibilité de mener de front une vie privée et une vie professionnelle sans être jugées ? Sans être cataloguées comme des « carriéristes » là où les hommes sont « ambitieux » ?

Je ne peux m’empêcher de me demander quelle place vous aurez en tant que femmes dans la société de demain. J’espère que vous continuerez à défendre les acquis et à ouvrir les horizons. A continuer sur le chemin tracé depuis des décennies par les millions de femmes avant vous.

J’espère qu’à travail égal, on ne se posera même plus la question de savoir si vous gagnez le même salaire qu’un homme. Je formule le souhait que vous puissiez rester auprès de vos enfants, profitant d’un congé de maternité digne de ce nom, et sans être regardées de travers pour ce choix. Et que vous ne serez pas jugées le jour où vous déciderez de ralentir votre vie professionnelle pour rester auprès d’eux. Mais je souhaite aussi que vous puissiez occuper un poste important au regard de vos compétences, dans les hautes sphères, si c’est ce pour quoi vous êtes faites !

Pourrez-vous montrer vos failles de femme, de mère, de fille, de collègue ? Pourrez-vous vous défaire de cette pression de la société, celle qui sous-entend qu’une femme doit être parfaite dans tous les rôles qu’elle exerce ?

Pourrez-vous vous habiller et vous maquiller comme vous en avez envie, porter une mini-jupe sans risquer d’être regardées de travers ou pire – insultées en rue ?

Dans 20 ans, la société aura-t-elle réellement évolué sur nos droits ? Les médias cesseront-ils enfin, quand ils évoquent la mort de l’une d’entre nous, de parler de crimes « passionnels » et de meurtres « par accident » ?

Vos droits seront-ils enfin respectés sans avoir besoin d’une journée par an pour qu’on s’en rappelle ?

Je ne sais pas, personne ne sait ce qu’il en sera dans 20 ans. La seule chose que je vous souhaite, ce n’est pas l’égalité. Non. C’est d’avoir toujours la liberté de faire vos propres choix de femmes.

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