Confinement, blues et dominos

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Confinés, enfermés, on attend d’être délivréééés. Sixième semaine entamée… (air connu)

Ces derniers jours ont été plus compliqués. Pour les enfants, et pour moi aussi. Un ras-le-bol, une envie de liberté, d’ailleurs, une overdose d’être là entre mes 4 murs, chaque minute, de chaque heure, de chaque journée depuis le 16 mars. Et pourtant, comme je sais que certains vont me le dire, je vais poser les choses directement : « j’ai pas à me plaindre ».

Non, je n’ai pas le droit de me plaindre, et la plupart du temps, j’essaie de tirer le positif de cette situation qu’on n’a pas choisie.

Les Girls sont faciles à vivre et j’aime observer les liens qu’elles tissent et renforcent chaque jour. On est tous les 4 en bonne santé et ceux que j’aime aussi. Il fait beau dehors. J’ai du boulot. Un salaire. Et un jardin. J’aime cuisiner, donc je profite d’avoir le temps et de trouver de bons produits chez des producteurs locaux. J’aime découvrir de nouvelles séries, et je suis servie entre Netflix et Amazon vidéo (This is Us, oh mon Dieu !). J’enchaîne les livres à un rythme que je ne me connaissais plus.

Oui, voir le positif. Chaque minute de chaque heure de chaque journée depuis le 16 mars.

Et si parfois, j’y arrive plus ? Ai-je le droit de ne plus y arriver par moments ? Ma vie d’avant me paraît si loin. Et partout, on dit que celle d’après ne sera peut-être plus tout à fait pareille, ce qui me paralyse. Moi, je fonctionne aux habitudes, aux rituels, à la certitude. Je suis ce qu’on appelle une « résistante au changement ».

Celui qu’on nous impose en ce moment est paradoxalement rassurant pour moi, par rapport à ma vie « normale », puisque l’environnement dans lequel j’évolue est le mien et que je suis entourée des miens.

Mais je gamberge constamment. Je pense à l’après. Comment sera-t-il, ce fameux après-coronavirus ? Aurais-je toujours les mêmes projets professionnels ou privés, à court ou à long terme ? Que puis-je espérer de l’avenir ? Que puis-je projeter avec certitude ? Aujourd’hui, rien. C’est dur et c’est angoissant. Mon moteur, ce sont les projets qui sont fixés dans mon agenda. Savoir que les échéances sont là et s’enchaînent comme elles étaient prévues, les unes après les autres, un peu comme une rangée de dominos qu’on a soigneusement préparée.

Aujourd’hui, les dominos tombent les uns après les autres, mais de manière complètement aléatoire. Je n’ai aucune prise sur eux.

Et le plus dur, c’est que je ne sais pas quand je pourrai recommencer à les placer en jolie rangée qui s’écroulera exactement comme c’était prévu. Alors oui, je trouve que j’ai le droit de me plaindre aussi ce soir. Juste ce soir.

Juste pendant quelques minutes de toutes ces heures, ces jours et ces semaines bizarres qu’on vit depuis le 16 mars.

Tout me manque. Ma famille me manque, mes amis me manquent, mes collègues me manquent. Ma vie sociale me manque. L’odeur du réfectoire de l’école des filles me manque, quand je vais les chercher à la garderie. La chaleur moite de la piscine le mardi soir me manque. Même la SNCB et mon réveil en viennent à me manquer, c’est pour dire. L’ordinaire de ma vie me manque. Je n’ai pas envie d’y accoler un adverbe en -ment aujourd’hui.

Mais promis, après cet intermède où j’ai parlé de dominos, de SNCB et de Netflix, le positivisme reprendra le dessus et les moments extraordinairement ordinaires reviendront… Stay tuned 🙂 Stay safe 🙂 Stay home 🙂

Lau


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