Avant d’être maman, tu ne sais pas ce qu’est une gastro. Non, tu ne sais pas. Tu CROIS savoir, mais tu ne sais pas. Je t’assure. Oui, bien sûr, tu en as chopé quelques-unes. Mais tu n’as jamais encore vécu ce merveilleux moment de méchante gastro-collective-qui-n’en-finit-pas-en-famille (dans le genre « la Totale, par au-dessus et par en-dessous », sinon c’est beaucoup moins drôle, évidemment).

La semaine dernière fut quelque peu folklorique chez nous… Pas vraiment le temps/l’envie/le courage/les capacités physiques* de rester devant mon PC à écrire un article. Ou alors le PC devait se trouver sur mes genoux, eux-mêmes attachés à mes fesses vissées sur la cuvette des toilettes. Bref, passons cette vision merveilleuse.

Tout a commencé par Poupette ! Héééé oui, la Poupette est une grande fille, qui va donc à l’école, qui fréquente plein d’autres grandes filles et grands garçons, qui se refilent tous bien généreusement leurs microbes. Trop sympas les copains de la maternelle. Les microbes, c’est beaucoup plus fun à refiler au copain que le Petit Lulu à moitié entamé ou le crayon rouge mâchouillé qui a traîné je ne sais où. Mais le microbe est plus sournois qu’un Petit Lulu, sache-le. Car tu ne sais pas qu’il est revenu de l’école avec la Poupette. Enfin, tu ne le sais pas ENCORE. Mais tu vas très vite t’en rendre compte.

Tout commence le samedi matin (tant qu’à faire, autant y passer le week-end, sinon c’est vraiment pas drôle) par une moue mi-dubitative, mi-agacée de ma Poupette et ces quelques mots « Mamannnnnn, moi ai mal au ventre ».
Ton radar de Maman se met illico en route et tu analyses rapidement la situation :
Primo: la Prem’s ne t’a JAMAIS dit qu’elle avait mal au ventre.
Deuzio: vu sa tête, elle ne rigole pas.
Tertio: c’est quoi cette odeur (et ce bruit – oui ça va ensemble) ?

  
Quand la gastro frappe à ta porte, tu en viens presque à regretter que Poupette soit propre. Car la gastro ne pardonne pas, elle frappe sans prévenir, elle ne fait aucun cadeau, si tu vois ce que je veux dire. Et si tu vis encore dans le pays où les jolies princesses aux joues toutes roses et aux jolies robes (roses, elles aussi) ne font pas caca, tu redescends vite sur Terre.

Ni une ni deux, tu dégaines la panoplie de la-parfaite-maman-qui-gère-la-gastro : ta serpillière, ton seau, une panoplie de vêtements de rechange, les langes de Poupette (bah oui, bien obligés), ton En**rol et ton masque à gaz (non, ça je déconne). Tu gères. Et tu attends que ça passe.
Sauf que… ça passe pas. Bah oui, forcément. L’En**rol, c’est pas bon et Poupette recrache la cuillère dans 99,9 % des cas.

Lundi matin : tu envoies donc Poupette et Papounet (qui a le bras dans le plâtre et est donc dispensé de travailler, lui) chez Monsieur le Docteur.

Diagnostic : gastro-entérite ! NONNNN ?!? Dingue, ça. J’y aurais jamais pensé.
Traitement : En**rol. Cool. Ca va être easy game. Et solution de réhydratation à base de farine de riz. Re-cool. Fingers in the nose.

Ouais (on dit pas « Ouais », Maman. C’est moche. On dit « oui »). Déjà qu’elle mange rien, la Poupette, va t’en lui faire avaler des trucs dégueu. Bien qu’encore toute jeune, la Poupette n’est pas née de la dernière pluie. Non non non. Dans le bibi, elle sent tout de suite la supercherie. Par contre, dans la compote elle n’y voit que du feu. Ce sera donc régime compote+médocs dégueu.

Sauf que… mardi midi, l’Homme te laisse des messages urgents sur ta boîte vocale, sur fond d’apocalypse ou de fin du monde : le peu que Poupette ingurgite repasse désormais AUSSI par au-dessus. Et toi, au boulot, au milieu de tes collègues, tu te rends compte (un peu trop tard, malheureusement) que tu balances « Et son caca, ça va aujourd’hui ? Mou, dur, liquide ? ». Hum. Sache-le : la consistance du caca est une préoccupation primordiale du parent-en-attente-de-la-fin-de-cette-p*****-de-gastro.

Ce que tu n’avais pas prévu finit par arriver. Inéluctablement (oui, j’aime utiliser des beaux mots). Non contente de faire souffrir ta Prem’s, la gastro a décidé de se loger chez toi aussi. Tu t’es lavé les mains 46.000 fois par jour et tu as pris soin de ne pas (trop) bizouter la Poupette ces derniers jours, mais non. Tu ne résisteras pas. Elle t’aura, toi aussi.

Ce qui est plus compliqué que de gérer un enfant avec la gastro, c’est gérer un enfant avec la gastro quand tu as toi-même la gastro.

Et qu’est-ce qui est plus compliqué que de gérer un enfant avec la gastro quand tu as toi-même la gastro? Je te le donne en mille: c’est de gérer 2 enfants avec la gastro quand tu as toi-même la gastro. Parce que forcément, BébéCha a voulu participer aux réjouissances familiales, elle aussi…

Mais tout est bien qui finit bien, la gastro est partie voir ailleurs. Poupette refait des « cacas-plouf ». Alléluia.

 

 

*aucune mention inutile à biffer – tout est valable.

Publicités