Quand on a fait la liste de naissance pour Poupette, on ne s’est pas posé la question : il nous fallait un babyphone. Notre maison est loin d’être un château de princesses aux multiples chambres, étages et couloirs, mais quand même. Des canapés sur lesquels nous passons nos soirées à l’étage où allait dormir notre trésor, il y a quand même un certain dénivelé et quelques mètres qui font que nous préférions garder une oreille sur elle. Idem pendant la nuit, car notre chambre est au dernier étage, au-dessus de la sienne. Le fameux engin a été offert par parrain Thomas, je m’en souviens très bien. Aujourd’hui, près de 3 ans plus tard, j’entretiens toujours avec le babyphone une relation d’amour-haine (et non, je ne suis pas folle).

Enfin, presque pas. Cet appareil arrive parfois à me rendre folle, m’empêche de dormir, voire même de manger. On a le plus simple des babyphones (bon, ok, il fait quand même veilleuse, émet des berceuses et donne la température de la chambre de bébé). J’imagine même pas comment j’aurais pu vivre avec un babyphone high-tech avec plaques intégrées qui mesurent la respiration de ton bébé pour voir s’il vit encore. En pure maman angoissée que je suis, je n’aurais probablement pas survécu à l’engin. Car il suffit que le babyphone s’enclenche (par un tout petit léger ‘tic’ quasi imperceptible, mais que j’entends à des kilomètres à la ronde) et mon radar de maman stressée se met en route : ‘tic’ signifie que le babyphone s’est enclenché, ce qui veut dire que Bébé a fait un bruit, mais QUEL BRUIT ?

Est-ce qu’elle pleure, est-ce qu’elle tousse, est-ce qu’elle chouine, est-ce qu’elle p***  (oui, on a un babyphone extrêmement sensible et des filles qui ne digèrent pas forcément comme dans le pays des jolies princesses aux robes roses, si tu vois ce que je veux dire) ? Ce qui entraîne, dans mon esprit de maman-spécialiste-du-scénario-catastrophe : est-ce que ma soirée est foutue, est-ce que je vais passer une nuit blanche à bercer un bébé hurleur qui fait ses dents, est-ce que je vais passer plusieurs nuits blanches avec un bébé qui tousse (merci la rhino-pharyngite), est-ce que je vais passer 2h à consoler Poupette d’un cauchemar, est-ce que je vais devoir partir aux urgences dare-dare avec un bébé sous le bras ? J’en passe et des meilleures. Oui, je suis capable de déduire tout ça d’un simple ‘tic’. Presque folle, je te l’avais dit.

Alors que dans 95 % des cas, il faut bien l’avouer, mes filles ont l’extrême intelligence/bonté de ne donner aucune suite à ce simple ‘tic’. Elles sont plutôt sympas, mes filles. En fait, elles ne veulent pas angoisser leur maman. C’est leur maman qui s’angoisse toute seule. Enfin, non, pas tout à fait toute seule. A cause de ce p***** de babyphone et de son ‘tic’.

Mais il y a encore plus sournois que le ‘tic’. Et tu vois très bien ce que je veux dire, toi, Maman de jeunes enfants. Ce qui peut aussi me rendre folle, ce sont les petites lumières bleues du babyphone qui éclairent la chambre parentale en pleine nuit, façon discothèque. Sauf que c’est pas David Guetta que tu entends. Même si t’as une tête qui ressemble à celle du gars qui a enfilé 5 mojitos. Les petites lumières bleues, aussi jolies qu’elles soient, sonnent le glas de ta nuit (ou en tout cas, de la première partie de celle-ci).

Alors, j’ose l’avouer. Depuis que BébéCha fait ses nuits, pour ma santé mentale et éviter de me petit-suicider, je coupe le babyphone. Mauvaise mère que je suis. La nuit, nous dormons porte ouverte et on entend les filles quand elles se réveillent/gazouillent/toussent/chantonnent/crient/hurlent. Mon ouïe est devenue particulièrement performante depuis que je suis maman. Je suis un babyphone humain. Et pour pousser le concept de mauvaise mère encore un cran plus loin, il m’arrive même de dormir avec des boules Quiès et de quand même entendre les petits bruits des filles avant l’Homme.

Car l’Homme entretient, lui, un rapport beaucoup plus sain avec ces engins. Oui, depuis la naissance de BébéCha, nous sommes les heureux détenteurs de 2 babyphones.
Je vais vraiment devenir folle.
Adieu.

Les babyphones de mes filles, mes 2 meilleurs ennemis...
Les babyphones de mes filles, mes 2 meilleurs ennemis…

 

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