Depuis toujours, Poupette est une petite mangeuse. Crevette de naissance (2,840 kg), elle a mis du temps à récupérer son poids initial en rentrant de la maternité et terminait rarement ses biberons. Quand elle ne les régurgitait pas. Malgré tout, elle grossissait (heureusement). Mais en grande maman angoissée que je suis (on ne se refait pas – si tu lis les autres articles de mon blog, tu comprendras), cette fameuse courbe de croissance m’a toujours filé des sueurs froides.

Et pourtant. Ma petite crevette a toujours continué à grossir et à « suivre sa courbe » comme disait la pédiatre. La courbe inférieure, certes, mais elle la suivait. Jusqu’à il y a quelques mois. On est passé de l’expression « suivre sa courbe (inférieure) » à « casser sa courbe ». Elle a 3 ans et 2 mois. Et le même poids depuis plus d’un an. Elle mange (peu). Mais ne grossit pas.

Je me suis posé mille questions à ce sujet. Est-ce que mes angoisses de toute jeune maman l’ont inconsciemment touchée ? Elle est passée très facilement aux légumes, vers 4 mois et demi (ouiiiiii, tu peux me lancer des pierres, je m’en fous. C’est tôt, je sais. Mais quand on a un bébé régurgiteur, le solide est une bénédiction !). Un peu plus difficilement aux fruits. J’ai beaucoup testé, essayé. Les cuire, les écraser, essayer sans banane, sans pomme, sans poire, avec un biscuit, sans biscuit… Même en les mélangeant avec des pommes de terre ou des courgettes, sur conseil de la pédiatre ! Elle mangeait, mais toujours en grimaçant… et peu. N’étant moi-même pas une grande mangeuse de fruits, je ne pouvais pas lui en tenir rigueur. Les compotes industrielles passaient généralement mieux. Les fruits frais, n’en parlons même pas ! Alors quand je lis que généralement, les bébés préfèrent le sucré, je ris ! J’ai deux exceptions parfaites à la maison 🙂

Malgré tout, Poupette a toujours continué à grossir, buvant bien ses biberons et mangeant bien ses légumes. Pas des quantités énormes, mais correctes. Longtemps mixés, toutefois. Or, quand on est une maman inquiète et qu’on entend qu’à tel âge, bébé doit manger xxx grammes de légumes à midi, xxx grammes de fruits à 16h, et qu’ils doivent être au choix mixés/écrasés/en morceaux, ça finit par rentrer. Et par filer des angoisses quand votre bébé n’entre pas dans la norme. Et pourtant, Dieu sait que je déteste cette expression « entrer dans les normes ». Mais quand il s’agit de nourriture, il y a comme une question de vie ou de mort, de bonne ou de mauvaise santé… C’est parfois très dur à gérer pour une maman.

Faire un cake au chocolat, et surtout... lécher le plat !
Faire un cake au chocolat, et surtout… lécher le plat !

Aujourd’hui, le rapport de Poupette à la nourriture est toujours ambivalent. Elle mange en petites quantités. Un biberon encore le matin – généralement la seule chose qu’elle accepte d’ingurgiter le matin d’ailleurs. Elle déjeune rarement. « Pas faim, Maman ». A midi, elle mange généralement une petite tartine avec un peu de soupe. Le goûter ? « Pas faim, Maman ». Même le goûter « plaisir », celui qui plaît généralement à tous les enfants (une crêpe ou un morceau de gâteau, par exemple), ne lui donne pas nécessairement envie… C’est le repas du soir qui pose souvent problème. Depuis qu’elle mange « comme nous », certains soupers (pas tous, heureusement – les « pasghettis » ont un incroyable succès) ont été très difficiles. Est-ce qu’elle n’a vraiment pas faim ? Est-ce qu’elle n’aime pas ? Est-ce une opposition « de principe », liée à l’âge ? On est perdus.

Manger une crêpe, c'est quand même super chouette !
Manger une crêpe, c’est quand même super chouette !

Parfois, elle enfourne les cuillères et garde tout en bouche pendant de longues minutes. Elle « chique » la viande. On s’énerve. Elle pleure. Elle se braque. On se braque. Ca finit dans les cris et les larmes. C’est pas une solution.

Et c’est tout ce que je ne veux pas. Mais c’est tellement difficile. Angoissant. Dur de voir sa petite fille, qui met encore des vêtements taille 2 ans à 3 ans passés, refuser de manger ce qu’on lui propose. Même ce qu’elle aime. On est très partagés. Entre la volonté de bien faire, de la voir s’emplumer un peu (il suffit qu’elle soit malade une semaine, et elle perd le peu qu’elle a pris) ; et celle de ne pas faire de ces moments des moments de cris ou de pleurs. Parce que manger doit rester pour moi un plaisir.

"Regarde mon gros ventre, Maman ! J'ai tout mangé !"
« Regarde mon gros ventre, Maman ! J’ai tout mangé ! »

Alors j’ai décidé d’accepter.

Accepter qu’elle ait une « petite constitution » et pas nécessairement besoin de manger de grosses quantités.

Qu’il y ait des choses qu’elle n’aime pas, mais qu’elle doit goûter de tout.

Rendre les repas ludiques, avec des textures, des couleurs, des formes différentes.

Lui proposer des petites quantités, pour qu’elle ne se braque pas dès le départ.

L’encourager et la féliciter quand on voit qu’elle fait des efforts et qu’elle mange bien.

Jouer la carte du dessert (un morceau de chocolat – ouuuuuuuuh le chantage, c’est pas beau, Maman !!!)

Bref, lâcher prise. Et arrêter l’obsession de la courbe. Parce qu’elle est pas bien grosse, mais tellement pleine de vie, ma Poupette ! Suffit de voir les photos que j’ai choisies pour illustrer l’article 🙂

Un plat de "pasghettis", sourire garanti !
Un plat de « pasghettis », sourire garanti !

Et chez toi, comment se passent les repas ? Tes enfants sont-ils du genre « petit mangeur » ? Tu as des « trucs » de maman pour qu’ils mangent plus/mieux ? Dis-moi tout, ça m’intéresse 🙂

 

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