Elle. Telle une tornade, elle est arrivée dans nos vies il y a presque 15 mois. Depuis, à la maison, notre océan de tranquillité s’est transformé en montagnes russes des émotions.

Intense. Tout est intense.

BébéCha vit toutes ses émotions sans demi-mesure. Elle crie, elle rit, elle hurle, elle râle, elle pleure, elle câline.

Avec elle, c’est noir ou blanc.

C’est tout ou rien.

C’est bien ou c’est mal.

C’est facile ou c’est difficile.

C’est la joie ou c’est la tristesse.

Elle aime ou elle n’aime pas.

C’est l’ambivalence des sentiments. Les siens, comme les nôtres, mis parfois à rude épreuve depuis 15 mois.

15 mois qu’on a l’impression d’être des funambules en permanence, de marcher sur le fil de notre quotidien, avec le risque que tout s’écroule à tout moment. Elle nous rappelle constamment que rien n’est acquis. Que l’on peut tout remettre en cause du jour au lendemain. On se remet en question tous les jours, dans notre rôle de parents et dans notre relation avec elle. Alors oui, bien sûr, on ne compte plus les « elle a du caractère », « c’est une phase », « ça va passer… ». Peut-être, oui. Sauf qu’il y a des soirs comme aujourd’hui où je ne peux plus entendre ces phrases. Personne ne peut comprendre, en tant que parents, ce qu’on vit au quotidien.

A quel point il faut être solide, nerveusement, pour affronter les pleurs, les crises et les chouinages. Pour ne pas craquer. Se relayer dans l’attention qu’on lui porte, qu’elle demande et qu’elle mérite.

Cette boule au ventre que je ressens tous les soirs vers 17h30, parce que je ne sais pas comment sera sa soirée (et la nôtre).

Cette angoisse, la nuit, qu’elle se réveille, qu’elle pleure, qu’on ne réussisse pas à la calmer.

Ces questions que l’on se pose (souvent pendant les angoisses qui nous tiennent éveillés la nuit, d’ailleurs) : est-ce que c’est de notre faute ? Qu’est-ce qu’on a fait de travers ? A-t-on eu une première enfant trop facile ?

Cette légèreté, le lundi matin, quand je retourne au bureau. Oh oui, vous pouvez penser que je suis une mauvaise mère. Me faire culpabiliser (je le fais déjà très bien toute seule, croyez-moi). Oui, mon boulot est ma bulle d’oxygène, c’est là que je me ressource avant de retrouver BébéCha. Et je sais, tellement, que ça devrait être l’inverse. J’aimerais tellement que ça le soit ! J’aimerais tellement la comprendre, je me sens si impuissante face à ses réactions. C’est ma fille, ma chaire, mon sang, et pourtant je suis parfois tellement démunie. On n’arrive pas à communiquer, je lui en veux et je nous en veux.

En publiant cet article, j’ai conscience que je vais choquer, décevoir, attrister certaines personnes. Probablement aussi des personnes de mon entourage proche. Mais je voulais simplement dire que tout n’est pas rose comme sur mes photos Instagram ou Facebook. Tout n’est pas magique au quotidien. Parfois on craque, parfois on n’en peut plus.

Et pourtant, on l’aime notre BébéCha. A la folie. Littéralement. Elle nous rend plus patients, nous met à l’épreuve dans notre rôle de parents et nous force à donner le meilleur de nous-même. Avec elle, on construit une relation vraie, intense et profonde. Imparfaite, incomplète encore. On vient de vivre une semaine calme, durant laquelle on l’a redécouverte. Des moments auxquels on s’accroche, car ils se multiplient.

Ils me font penser qu’un jour, ça ira. Un jour tout ira mieux, car elle ira mieux.

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(article écrit hier soir…)

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