Quelle que soit la manière dont on nourrit son bébé, pour autant que ce soit fait avec bienveillance, amour et naturel, il n’y a pas de bon ou de mauvais choix.

Autour de moi, de nombreuses amies mamans ont allaité. Et ne l’ayant pas vécu moi-même, c’est vrai que j’ai toujours eu des difficultés à comprendre ce passage qu’est la fin d’un allaitement. Cette période si particulière de la vie d’une maman allaitante, est-elle traumatisante, libératrice, difficile, soudaine, progressive… ? J’ai lu et entendu autant de fins d’allaitement que je connais de mamans…

Et bien que n’ayant pas allaité, j’ai l’impression, depuis quelques semaines, que je vis une expérience aux accents comparables. A ne pas mettre sur le même plan, bien sûr. Les enjeux sont différents. Mais cette expérience s’accompagne elle aussi de sentiments mêlés, de la tristesse à la fierté.

BébéCha ne veut plus que je lui donne le biberon. Normal, me direz-vous, qu’elle prenne le bibi seule, et depuis ses 15 mois environ (c’est même relativement tard). Oui, normal. Sauf que j’ai donné le biberon à Poupette jusqu’à ses 2 ans et demi quasiment.

En près de 4 ans de vie de maman, j’en ai donné des biberons… combien ? Des centaines, des milliers peut-être ? Tous identiques et tous différents. Jusqu’à 9 par jour au moment de la naissance de BébéCha (7 pour elle, 2 pour sa grande sœur) !

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L’un des premiers biberons donnés à BébéCha…

Il y a eu des petits biberons, des moyens, des grands, des chauds, des tièdes, des « à température ambiante », des froids sortis du frigo.

Des biberons aux céréales, au cacao, des sans lactose, des épaissis, des hypo-allergéniques, des biberons réhydratants après une gastro.

Ceux que j’ai donnés en même temps, les mains croisées : main droite pour le biberon de BébéCha, main gauche pour celui de Poupette.

Des biberons qui consolent, des biberons câlins, des biberons régurgités, des biberons pris en vitesse parce qu’on va être en retard ou des biberons qui n’en finissent pas.

Des biberons en pleine nuit, des biberons au petit matin, des biberons à l’aurore, des biberons au soleil, des biberons au coin du feu.

Il y a eu ceux pris devant la TV, ceux pris sur la terrasse, dans la pénombre de la chambre ou dans la voiture.

Il y a eu les biberons d’ailleurs, à 1500m d’altitude, au bord de la mer, dans une forêt ou sur une aire d’autoroute. Il y a même eu le biberon au son des tambours, en plein cœur du Carnaval !

Désormais, il n’y a plus que ces biberons qu’elle prend seule.

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… et l’un des derniers !

J’ai l’impression que ce précieux moment m’échappe peu à peu. Les yeux dans les yeux, sa tête contre mon cœur, ses petits doigts qui viennent chipoter mes bijoux ou tourner dans mes cheveux… ce moment hors du temps et rien qu’à deux me manque. Elle vient encore parfois le boire sur mes genoux, mais distraitement. La plupart du temps, elle le prend en jouant, en marchant, sur son petit fauteuil, et surtout il est entrecoupé de multiples pauses. Et puis, elle le boude de plus en plus, surtout le soir.

Bien sûr, ces moments qui me manquent sont remplacés par d’autres tout aussi forts au fur et à mesure que BébéCha grandit. Une autre complicité précieuse s’installe (et heureusement d’ailleurs). Mais avec ces biberons qui se font de plus en plus rares, c’est aussi la porte des « bébés » qui se referme peu à peu. Les prochains biberons que je donnerai seront peut-être à mes petits-enfants ?!? 🙂

Et chez vous, comment s’est passée la fin des biberons ? Comment l’avez-vous vécue en tant que maman ?

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