A l’heure où j’écris (comme souvent, dans le train du retour), je m’apprête à vivre le fameux 5 à 7 (voire à 8 ou à 9) que connaissent tous les parents. Entendons-nous bien : pas le « 5 à 7 » façon « petite bière en terrasse avec les collègues », non… Mon 5 à 7 de ce soir, il ressemblera plutôt à « bain avec canard pouèt-pouèt, suivi de petit biberon de lait tiède avant histoire de Tchoupi sur le pot ».

Le fameux tunnel du 5 à 7, dans lequel tu sais que tu t’engouffres, mais tu ne sais pas toujours quand ni comment tu vas en sortir, ni qui tu croiseras sur ton chemin. Ô toi, parent, où que tu sois et peu importe le nombre d’enfants que tu aies, je suis sûre que tu vois ce que je veux dire ! (et si tu n’as pas encore d’enfant, profite à fond de tes 5 à 7 et ne lis pas mon article)

Depuis que Poupette est née, j’ai toujours pu compter sur un PapaGirls très impliqué, un vrai papa moderne, capable de tout faire comme une maman le ferait : changer la couche atomico-explosive, préparer la panade, lire les histoires, consoler les gros chagrins et prendre la température (bon ok, faut pas lui demander de choisir les vêtements des filles, mais si ce n’est que ça :-)). L’avantage, quand on est tous les 2 multitâches, c’est que ce 5 à 7 est relativement facile, l’un prépare le repas pendant que l’autre donne le bain. On s’occupe chacun d’une Girl. On lit les histoires ensemble, on les couche ensemble et on profite ensuite du calme (relatif parfois) ensemble. Une organisation bien huilée et une routine qui s’est installée au fil des ans avec des rituels bien définis.

Sauf que PapaGirls travaille à horaires décalés (et souvent désorganisés, mais c’est un autre débat), ce qui est – certes – une chance, puisqu’il est souvent là pour conduire les filles le matin ou aller les rechercher l’après-midi, ou a des jours de repos en semaine. Mais le revers de la médaille, c’est qu’il bosse aussi parfois en soirée, la nuit ou le week-end. Des moments où je me retrouve donc en maman solo. On a tous les 4 l’habitude et on s’est adaptés à ce mode de vie ; les filles ont toujours connu les horaires décalés de leur papa. Et en général, si je suis solo le soir, après tout, c’est qu’il l’a été le matin…

Mais je ne sais pas si c’est l’arrivée de l’hiver, le soir qui tombe si tôt, la fatigue, la pluie, les retards constants des trains, le froid ou le terrible two de BébéCha qui commence, mais le 5-à-7-solo est plus difficile en ce moment…

Mon 5-à-7-solo commence dès 16h, heure où je dois absolument quitter le boulot si je veux être sûre de choper un train qui me permettra d’arriver chez la gardienne de BébéCha avant 17h30. Et depuis quelques semaines, il faut dire que la-SNCB-les-heurts-de-personnes-les-feuilles-sur-les-rails-les-problèmes-techniques-les-trains-supprimés-le-gel-les-retards-sans-raison ne me facilitent pas la tâche. Le stress commence donc dès l’arrivée à la gare : aurai-je un train ? à l’heure ? à l’heure à l’arrivée ? Rien n’est jamais sûr… ce qui ajoute une bonne dose de stress inutile à la soirée.

Une fois que j’ai récupéré BébéCha, je fonce chez mon beau-père qui, lui, a récupéré Poupette à l’école à 15h15, mais qui habite le village d’à côté. Donc le temps de faire l’aller-retour, nous sommes toutes les 3 à la maison à 18h au plus tôt.

Il fait noir depuis déjà 1h, cela fait alors 2h que j’ai quitté le bureau et il reste à gérer : le souper, les « j’aime pas » ou ‘j’ai pas faim » de Poupette (update 21:30 : ça s’est vérifié ce soir, j’aurais dû jouer au lotto !), la crise de colère de BébéCha (idem), le bain, les « Maman, elle m’a tapée », la sortie du bain, la crise de colère de BébéCha (ibidem), les habillages-déshabillages, le bibi de BébéCha, la crise de colère de BébéCha (…), les langes, la mise au lit, l’histoire, les bisous, la crise de colère de BébéCha, les câlins, les rituels avec Doudou et… enfin, le clap de fin.

En général, PapaGirls m’a préparé le terrain dans la journée, en cuisinant à l’avance le souper des filles, ce qui est très appréciable (et apprécié) ! Mais en ce moment, je suis juste contente quand elles sont au lit, que le calme réinvestit ma maison, et que je peux prendre un peu de temps pour moi en attendant le retour de PapaGirls.

J’espère que ce n’est qu’une passade… En tout cas, je tire mon chapeau, j’envoie des fleurs et tout mon respect aux mamans qui ne sont pas solos que de 5 à 7, mais tout le reste du temps et/ou tous les jours de l’année. Si c’est ton cas, sache que je t’admire jusqu’aux étoiles et à la lune, comme dirait ma Poupette !

Et toi, tu les gères comment tes 5-à-7 ? En solo ou en duo ? Avec plaisir ou contraintes ? Dans la bonne humeur ou les cris ?
Dis-moi tout, que je me sente moins seule dans le tunnel… 🙂

La photo n'a rien à voir avec l'article... juste un exemple de 5 à 7 en vacances. Moment béni !
La photo n’a rien à voir avec l’article… juste un exemple de 5 à 7 hors du quotidien. Tellement mieux !
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