Je suis la maman d’une Terrible Two

Il était là, tapi dans l’ombre et prêt à surgir à tout moment. Malin, il se dissimulait la plupart du temps, mais on savait qu’il reviendrait nous dire bonjour plus régulièrement. Jusqu’à s’incruster définitivement, rythmer notre quotidien, et surtout, celui de la Blondinette. Aujourd’hui, il fait bien partie de notre vie.

Lui, c’est le Terrible Two.

Mais on est bien décidé à lui donner son préavis dès que possible.

Tout a commencé par une expression, vers 18 mois : « Veux paaaaas ». 100 fois par jour, à toutes les sauces et en réponse à toutes les questions. Très rapidement, l’expression a laissé sa place à l’incontournable et l’irrémédiable NON.

NON NON NON NON

Tu viens t’habiller ? NON

Tu veux ton biberon ? NON

T’as une sœur ? NON

Tu t’appelles BébéCha ? NON

Tu veux un biscuit ? NON

 – BICUIIIIIIIIIIIIT  !!!!!!

Bref. Mélodrame permanent. Nerfs à rude épreuve. Tympans sensibles s’abstenir (c’est qu’elle a de la voix, la BébéCha).

Parce que le NON est sournois, vois-tu. Il se mue, se transforme. Et ramène ses copines préférées : les colères. A la moindre contrariété, la plus petite frustration… elles se pointent, les sournoises. Elles ont au moins un mérite : elles nous ont permis de constater et d’apprécier (enfin… presque) le grand talent précoce de notre BébéCha : la tragédie. Romy Schneider et Sarah Bernhardt ont trouvé leur digne héritière. Dans quelques années, c’est sûr : chez nous, il y aura un Oscar sur la cheminée.

Voilà pour les constats.

Venons-en au plan

La bonne nouvelle – on l’a vécu avec la Prem’s – c’est que le Terrible Two passe. Tôt ou tard. Et qu’il est même extrêmement rassurant, car il fait partie du développement normal d’un enfant entre 18 mois et 3 ans à peu près. En attendant qu’il prenne ses valises et aille squatter ailleurs, voici quelques trucs qui nous permettent de mieux le vivre au quotidien.

Anticiper

La clé, pour éviter les crises de colère, c’est anticiper. Prévenir chaque situation qui serait susceptible d’entraîner une chute brute d’hormones que le/la Deuzan ne sera pas capable de gérer. Et provoquera irrémédiablement une colère.

C’est du vécu : comme beaucoup d’enfants, la Deuzan voue un culte au chocolat et aux biscuits aux fruits. Inutile donc de laisser traîner devant ses yeux les derniers œufs en chocolat apportés par Madame la Cloche, juste au moment où on lui demande de manger sa banane. On sait qu’il y aura crise si elle voit le chocolat alors qu’on lui épluche sa banane. Et c’est normal… alors on anticipe quand on peut !

Détourner l’attention

Au fil des mois, on est devenus des pros du détournement de crise. C’est ce qui marche le mieux, encore aujourd’hui. Dès qu’une colère se pointe (parce que tu n’as pas pu l’anticiper, par exemple), la clé est de détourner l’attention du/de la Deuzan le plus vite possible vers autre chose, afin de stopper la crise.

C’est du vécu : la Deuzan déteste qu’on la mette dans son siège auto et qu’on boucle sa ceinture. Une fois sur deux, c’est option « raide-comme-un-piquet » et hurlements. C’est là qu’il faut détourner l’attention : « ohhh chuuuut. Ecoute. On dirait la musique d’Anna et Elsa ! Tu entends ?« . C’est là qu’elle répond, dans un dernier sanglot : « Rènèneiges ?!?« .
Bingo. Attention détournée. Crise stoppée. Tympans épargnés.

Mesurer l’importance de notre « Non »

Au fil des mois, notre intransigeance a laissé place à une certaine souplesse. S’il y a des situations sur lesquelles on ne plie pas (on attache la ceinture en voiture, on se brosse les dents, on ne s’empiffre pas de chocolat avant de dîner…), on a appris à mesurer l’importance de nos refus ou de ce qu’on lui impose. Et à lâcher de temps en temps sur certaines choses.

C’est du vécu : dans le bain, la Deuzan s’empare de son gant de toilette et nous fait bien comprendre qu’elle veut se laver toute seule. Pourquoi ne pas la laisser faire finalement ? Lâcher prise sur le résultat (elle ne sera pas lavée nickel chrome), mais la féliciter pour son autonomie et désamorcer la crise qui se serait annoncée.

Ignorer

Parfois, il arrive qu’on ne puisse pas appliquer l’un de nos trois « trucs » et que la crise de colère soit lancée. Tant qu’elle est en sécurité (on ne la laisse pas au beau milieu de la rue parce qu’elle est en crise, évidemment), on l’ignore et on vaque à nos occupations. Si elle constate que cette crise ne nous touche pas particulièrement, elle y met elle-même très rapidement un terme. Pour redevenir un ange.

Voilà comment ça se passe avec notre Deuzan à nous…

C’est pas miraculeux.

Cela nous demande beaucoup d’énergie.

Parfois ça marche et parfois non.

Ça dépend des situations, du moment de la journée, de son état de fatigue (et du nôtre !)

Et puis, ça dépend aussi probablement du caractère des uns et des autres !

Et toi, tu as des trucs pour gérer le Terrible Two ? Je suis curieuse (et preneuse !). Dis-moi tout !

 

 

 

 

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8 réflexions sur “Je suis la maman d’une Terrible Two

  1. Ici on applique les mêmes recettes! Et dans les heures les plus sombres, je me rappelle de jouets qui ont été confisquées, et même d’un petit livre à 2 euros que j’ai déchiré sous ses yeux! Là c’était sa plus grosse crise et l’effet a été radical!

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  2. C’est à peu près mon fond de roulement d’astuces aussi, avec comme toi, des succès et des échecs… je cultive le relativisme à dose de plus en plus élevées lorsque je suis à bout… Est ce vraiment si important, le bras de fer que je m’apprête à engager ? Et si ce n’est finalement pas si dangereux, si mauvais, je lâche du lest… Mais j’ai hâte que mon fils de 3 ans sorte de cette période !!

    J’essaye au maximum de le faire participer à la décision, ça permet de désamorcer plus facilement certaines situations. Par exemple pour le choix du yaourt du soir « fraise ou poire? » (je suis une adepte des choix verrouillés dont les deux options m’arrangent, comme « douche ou bain ? », « gel douche à la noix de coco ou gel douche de papa? » etc.), s’il me dit fraise, je lui fais bien répéter avant de l’ouvrir « tu as choisis fraise, c’est ça? ». Alors s’il me dit oui, et qu’il essaye de négocier un autre parfum une fois le yaourt ouvert (grand classique ça), j’arrive à lui rappeler que c’est lui qui a choisis ce parfum, et qu’on ne peut pas changer d’avis tout le temps.

    Du coup, je le laisse en tête à tête avec le yaourt, en lui disant qu’il n’est pas obligé de le manger, mais qu’il ne peut pas avoir l’autre parfum. Je vaque un peu à mes occupations, je change de sujet et 9 fois sur 10, il entame et finit son yaourts sans même y penser….

    Le truc qui m’aide aussi, c’est de ne pas forcément répondre « non » ou « ce n’est pas possible » quand il exprime quelque chose.
    Par exemple, s’il me dis en rentrant de la crèche « ce soir je veux des petites pâtes », alors que ça fait 3 fois que je lui en fait cette semaine (lâcher du lest à ses limites hein 😉 ), je ne commence pas à lui expliquer que non, ce n’est pas possible etc. Je dis juste « ah oui ? tu en as déjà beaucoup mangé cette semaine. On verra ce qu’on mange ce soir, je n’ai pas encore décidé »
    En général, il passe à autre chose et a oublié en arrivant à la maison. Alors que si j’initie le bras de fer, j’ai l’impression que ça cristallise l’opposition….

    Mais bon, il y a des soirs où, crevée, je me braque aussi ! (parce que nous aussi, on a le sens de la contradiction, pas très loin enfoui sous la surface !!!)

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    1. Ouhlà, 3 ans et il est toujours dedans… ça ne me rassure pas ça 😉
      On utilise aussi souvent la technique du choix fermé. Mais la demoiselle est coriace. ça ne marche pas toujours ! Allez courage, on y arrivera. Puis viendra l’adolescence et on se souviendra de cette période du Terrible Two avec un sourire !

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  3. On est dedans aussi. Le détournement marche bien aussi. J’ai l’impression aussi qu’on est plus cool avec elle qu’avec l’aînée, je ne sais pas si c’est qu’une impression…Mais en tous cas ce n’est pas le même caractère, je crois que le terrible 2 est ancré dans son caractère lol. Mais bizarrement, je ressens moins cette période par rapport à l’aînée.

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