…et la vie, c’est pas (toujours) le paradis. Cette phrase, elle est issue d’un SMS que PapaGirls m’a envoyé ce matin. Et en boutade, je lui ai répondu que ça pouvait très bien faire l’objet d’un article sur le blog. Je ne croyais pas si bien dire…

Tout a commencé très tôt ce matin. Trop tôt probablement. Trop brusquement, trop rapidement. La mission était pourtant simple : BébéCha avec PapaGirls ; Poupette avec moi. Chacun sa fille à gérer, du lever au « dépôt » (oh que je n’aime pas ce mot).

Et moi, j’ai foiré.

Une Poupette que j’ai dû réveiller avec douceur d’abord, fermeté ensuite, énervement enfin. Et tout s’est enchaîné dans les cris. Et pourtant je sais pertinemment que ce n’est pas la « méthode » à employer avec elle. Avec aucun autre enfant d’ailleurs. Les cris ne sont pas une méthode. Les cris ne servent à rien.

Les cris blessent, les cris peinent, les cris tuent.

Et pourtant je les ai utilisés et réutilisés comme des armes. Face à ma fille de 4 ans et demi… Et pour des futilités. « Dépêche-toi ! », « alllllleeez », « plus viiiiite », « je n’ai pas le temps! » …

Pourquoi ? Parce que JE ne voulais pas être en retard, JE ne voulais pas rater mon train. Et ELLE, elle subit MON rythme. Celui que JE lui impose. Si petite encore, elle comprend tellement de choses, mais pas encore cette notion de « retard ». Et ne devrait pas, d’ailleurs ! Elle devrait être insouciante et libre, vivre sans contraintes, observer le monde qui l’entoure, prendre le temps de le découvrir. De chanter, de tourner, de danser. Ma princesse, ma Poupette, mon petit oiseau ❤

Mais je suis sa maman. Une maman qui bosse. A temps plein. Qui aime son travail. Et qui fait de son mieux pour tout mener de front. Mais qui a échoué ce matin, lamentablement.

Oui, je l’ai eu mon train. A quel prix ? Celui des larmes qui perlent dans les yeux de ma grande fille. Cela en valait-il la peine ?

Non. Clairement non. Et même si je sais que « ça ira mieux demain », que les milliers de câlins qu’on a faits ce soir, que les « Je t’aime jusqu’à la lune et aux étoiles » et les bisous d’amour nous ont mis du baume au cœur à toutes les deux, je sais aussi que j’ai détesté la mère que j’étais ce matin avec elle.

Et que je ferai de mon mieux demain. Comme chaque matin depuis 4 ans et demi.

Désolée pour cet article un peu (trop) perso. Il résonne comme une thérapie, un besoin d’exorciser. Un besoin de croire que je ne suis pas la seule. Une envie de se faire pardonner, si elle me lit un jour. Un cri de honte, mais aussi une lueur d’espoir. 

Vivement demain.

Lau*

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