Ne plus trouver l’envie d’écrire. Ne plus avoir le temps. Différer les choses, remettre au lendemain. Voir se bousculer les émotions. Trop. Trop d’un coup. « Trop beaucoup« , comme dirait ma fille. Tellement de choses à penser, de gens à voir, d’émotions à gérer, de paroles à digérer. Et le tourbillon de la vie qui fait qu’on s’oublie un peu…

Cela fait plusieurs semaines que j’ai ralenti mon rythme d’écriture, de lecture, de commentaires, de publications sur les réseaux sociaux aussi. Pourtant, beaucoup de choses se sont passées chez les Girls. Beaucoup de belles choses que j’aurais pu raconter. Que j’avais envie de raconter. Leur belle fancy-fair, nos sorties à Pairi Daiza, la fête des mamans, le hike nutons de Poupette, les progrès (et les nouveaux mots) de la Blondinette… (j’y reviendrai, d’ailleurs, sur ces nouveaux mots quelque peu… fleuris).
Ces quelques semaines sont passées comme un éclair. Le temps s’est accéléré depuis mars. Et en même temps, ces semaines sans écrire m’ont paru durer une éternité. Mais ce blog, après tout, c’est celui où je partage avec vous me réflexions, mes joies, mes bonheurs… et mes peines.

Et en un peu moins de 8 semaines, j’ai perdu mes 2 grands-pères.

Alors oui, c’est dans la logique des choses (j’avais encore mes 4 grands-parents !) et c’est déjà formidable de les avoir connus jusque-là. Mais je réalise au fil du temps que c’est une partie de mon enfance qui s’est envolée avec eux. Que je perds petit à petit ce statut de petite-fille qui est le mien depuis toujours… Que la réalité d’aujourd’hui ne sera plus jamais la même. Qu’elle nous rattrape, dans ce qu’elle a de plus vif et de plus difficile, parfois. Que ça rend triste, mais qu’on doit continuer à vivre. A rire. A avancer. A gérer sa propre douleur et celle des autres. A être là, ensemble. A penser aux bons moments, à se rappeler les jolis souvenirs et à oublier tout le reste. Par respect pour eux. Par amour pour mes propres parents.

Il a fallu beaucoup expliquer aussi. Expliquer et réexpliquer à mes filles pourquoi j’ai la gorge nouée. Pourquoi Nanou est triste. Pourquoi Bonne-Maman a pleuré. Pourquoi Papou n’est pas là aujourd’hui. Pourquoi tous ces gens qui sont là parlent tout doucement et se prennent dans les bras. Et comment Bon-Papa et Papy sont montés dans le ciel. S’ils sont devenus des étoiles…

Ne pas trop les impliquer, mais ne pas leur mentir non plus. Marcher constamment sur un fil entre la vie d’un côté, et la mort de l’autre. Et puis se rendre compte qu’elles ont beaucoup intériorisé. Qu’elles comprennent tellement de choses du haut de leurs 5 et 3 ans. Qu’elles ont réagi l’une et l’autre à leur façon, inconsciemment. Qu’elles m’apportent une force incroyable quand j’en ai le plus besoin.

Ces quelques semaines ont été éprouvantes. Elles le sont encore, même si la douleur n’est plus tout à fait la même.

Et demain un autre jour. Celui où j’apprendrai à mes filles cette jolie chanson que quelqu’un que j’aimais très fort m’a apprise quand j’avais leur âge !

« Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n’est pas là et le soleil l’attend
Ici-bas souvent chacun pour sa chacune
Chacun doit en faire autant
La lune est là, la lune est là
La lune est là, mais le soleil ne la voit pas
Pour la trouver il faut la nuit
Il faut la nuit mais le soleil ne le sait pas et toujours luit
Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n’est pas là et le soleil l’attend
Papa dit qu’il a vu ça lui ».

 

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