Mais de quoi je me mêle !

Souvent, mes articles s’inspirent d’une expérience vécue, parfois une simple anecdote dans ma vie de maman, parfois un événement qui me touche plus profondément. Ces articles-là sont probablement les plus sincères, parce que les plus spontanés. Ils s’écrivent d’une traite, parfois sous le coup de l’émotion. Forcément, ils manquent souvent de recul, mais pas de vérité. Ils sont sans filtre. Un peu comme cette histoire qui nous est arrivée il y a quelques semaines.

Ça aurait pu être l’anecdote de plus sur laquelle j’aurais voulu partager avec vous. Mais sur le moment, je n’aurais pas su quoi dire. Avec le recul, mon petit cerveau en ébullition a analysé la situation et surtout les sentiments qu’elle avait suscités en moi.

Mercredi. Je suis retournée bosser depuis 2 jours, alors que PapaGirls garde les filles une semaine de plus. Il me propose de venir me rejoindre à Bruxelles à midi, pour qu’on puisse manger ensemble. Je prends même mon après-midi, pour qu’on puisse en profiter tous les 4, sans devoir garder constamment un œil sur sa montre.

Je nous déniche un petit resto sympa pas loin de mon boulot, où on trouvera tous notre bonheur parmi les pâtes, hamburgers, pizzas et nuggets frites proposés (mais pourquoi les enfants préfèrent-ils toujours le gras ?).

La serveuse prend notre commande, je lui demande s’il est possible de baisser un peu la musique dans la salle, car nous sommes à côté des baffles et elle va un peu trop fort. Elle nous promet « d’aller demander ».

PapaGirls et moi sommes l’un à côté de l’autre ; les filles en face de nous. En attendant leur repas, elles chantonnent et jouent en se tapant dans les mains. Elles sont heureuses d’être là au restaurant avec nous, d’avoir commandé des frites, de boire une grenadine avec la paille, d’avoir vu « le travail de maman ». Elles ont plein de choses à me raconter, elles sont excitées d’avoir pris le train. Elles rient, se chamaillent gentiment. Elles sont heureuses.

Derrière elles, une dame d’un certain âge se retourne tout à coup et m’interpelle, l’œil noir et la voix accusatrice : « Il va falloir les calmer, hein là, parce qu’elles parlent trop fort et je n’entends plus ce que me dit mon mari ! »

Je suis restée « PAF », comme on dit. Je n’ai pas su réagir. Ou plutôt si, je me suis confondue en excuses et j’ai demandé aux filles de baisser d’un ton. Mais le reste du repas était gâché. Dès que les filles parlaient un peu trop fort, nous nous sentions obligés de les reprendre. De leur demander le silence. De se taire.

Je regrette mon comportement. Mes filles n’étaient pas difficiles, ni même chahuteuses ce jour-là. Elles étaient juste heureuses d’être là. Elles étaient juste des enfants de 5 et 3 ans qui passaient un chouette moment au restaurant avec leurs parents, pour prolonger encore un peu les vacances…

Mais cette dame, au lieu de demander elle aussi à la serveuse de baisser la musique qui allait beaucoup trop fort, a préféré nous pointer du doigt, nous. Nous faire sentir que nous n’étions pas les bienvenus. Faire passer nos filles pour des enfants difficiles. Nous faire sentir mal alors qu’on passait un bon moment en famille.

Je m’en veux de ne pas avoir eu la réaction qu’il fallait. Nos filles sont élevées dans le respect et nous leur apprenons les limites, les règles à ne pas dépasser. La politesse, la justice, l’honnêteté. Nous leur expliquons qu’elles ont des droits, mais aussi des devoirs. On pioche nos « principes d’éducation » (je les mets entre guillemets, parce que je n’aime pas vraiment cette expression) à gauche et à droite, on en fait un mélange qui nous semble bon, qui correspond en tout cas à nos valeurs et à ce qu’on souhaite inculquer à nos enfants. Parce qu’il n’y a pas UNE manière de les éduquer VRAIE et UNIQUE. Et heureusement !

On ne prétend pas et on ne prétendra jamais détenir la vérité dans ce domaine. On avance par essais et erreurs, on se remet en question avec le temps (la Deuz’ a d’ailleurs bien chamboulé nos fondations ^^) et on essaie d’être meilleurs encore, pour qu’elles soient meilleures aussi.

Pour moi une « éducation » réussie se voit dans le résultat qu’elle procure : des enfants bien dans leurs baskets d’enfants et des parents, bien dans nos baskets de parents. Une famille où tout le monde est bien dans sa peau et se sent bien à sa place. L’adulte comme l’enfant.

Oui, mes filles sont heureuses. Oui, elles rient un peu trop fort, elles chantent leur chanson préférée, elles sont de vrais moulins à parole, elles se disputent et se réconcilient, elles sont impatientes et excitées, elles râlent parfois, elles font la tête. Elles s’expriment dans le cadre qu’on leur a donné. Elles sont des enfants heureuses, et nous, leurs parents, sommes leurs gardes-fous, heureux aussi.

Au final, en matière d’éducation comme ailleurs, peu importe les moyens qu’on se donne, si la fin est jolie et les libertés de tout le monde sont respectées, alors on peut dire que c’est gagné, non ?

Et vous, qu’en pensez-vous ? Il y a beaucoup d’articles en ce moment sur les principes d’éducation bienveillante, éducation positive, Montessori, adultisme et j’en passe… comment vous positionnez-vous par rapport à ça ? Dites-moi tout !

 


7 réflexions sur “Mais de quoi je me mêle !

  1. Il ne faut pas exagerer ! Je l’aurais envoyé calmement promener la mamie ! A partir du moment où les enfants riaient, je ne vois pas le problème. Si elles faisaient vraiment le bazar, là effectivement je serai intervenue, me serais excusée auprès du couple mais là, j’estime que ça n’etait pas le cas. On ne va pas s’excuser de vivre non plus ! Si cela avait été des adultes qui riaient, elle n’aurait rien dit. Si les «anciens» veulent de la tranquillité, qu’ils aillent au resto hors des vacances scolaires ! 😆 Ces comportements commencent à m’agacer. J’etais moi-même hier au restaurant avec mon fils qui a bientôt deux ans et ai vu les regards appuyés d’un couple d’anciens nous voyant nous installer… Mais malheureusement pour eux, ils n’ont pas eu à s’énerver parce que mon fils a été très sage !

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  2. Je pense que j’aurais (malheureusement) réagi de la même façon que toi face aux propos de cette dame et tout comme toi, je l’aurais regretté, par la suite… Quant aux principes éducatifs, je ne prône aucune méthode en particulier. Nous sommes adeptes du « nous faisons comme nous pouvons et comme bon nous semble ». Nous essayons de leur inculquer certaines valeurs qui nous sont chères, de leur donner confiance en elles, surtout, tout en leur imposant certaines limites… pas toujours évident, mais nous faisons tout ce qui est dans nos moyens pour…

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  3. Il y a quelques années, j’aurais réagi très certainement comme toi. Mais depuis nos mésaventures médicales de Polochon et notre prise de conscience d’avoir autant le droit d’exister (nous et nos enfants) autant que les autres qui râlent, voient la vie en noir et jouent les moutons du troupeau, on change notre manière de faire avec les Oursons. Surtout moi. Papa Ours est plutôt du genre direct et aurait demander en quoi ça gêne des enfants qui expriment (excusez-nous, je sais c’est choquant) leur bonheur! Parce que oui, je trouve que la société approuve que l’on montre que l’on soit mécontent mais montrer que l’on est heureux, c’est pas bien! Moi, depuis quelques temps, je prend le problème autrement. Si on me demande de calmer mes enfants (parce qu’ils sont heureux et sont des enfants), je m’excuse auprès de la personne et en rajoute une couche… Je lance une bataille de chansons en canon, je joue à Pierre – Papier – Ciseaux pour savoir qui choisira son plat en premier et je monte quelque peu les décibels. Mes enfants sont alors valorisés dans leur condition d’enfant et leur bonheur, je partage un chouette moment de complicité avec eux. Ce qui ne m’empêche pas de durcir le ton s’ils dépassent les bornes des limites. Et ils distinguent très bien le moment où je ne rigole plus et où le savoir-vivre est de mise.

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  4. Une aigrie… je crois que j’aurais réagi très différemment de toi. Du genre « si la vie vous dérange, restez chez vous » Surtout que d’après le resto que tu décris, c’est quand même pour un public avec enfants…
    J’espère que vous avez quand même passé un chouette après-midi quand même !

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  5. Oh comme c’est triste, ce moment gâché ! Et qu’en ont dit tes filles ?
    En effet si elles ne criaient pas, je trouve cela vraiment déplacé ! Mais les gens sont intolérent à tout (sauf à eux même) et les enfants doivent être des poupées de chiffons … Désolée mais un enfant, c’est un concentré de vie ! Alors bien sûr ils bougent, font du bruit, se font comprendre de façon plutôt brut que policée, et ça dérange ? La mentalité actuelle est vraiment dommage …

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  6. Je ne sais pas si tu habites Bruxelles. Perso, c’est mon cas et des anecdotes de ce type, je peux en raconter des dizaines. J’ai parfois eu l’impression que dans cette ville, les enfants ne sont pas bienvenus. Je ne comprends pas car que je sache, nous avons tous été petits…

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