Je n’avais pas prévu d’écrire un article aujourd’hui (non pas que je n’aie pas d’inspiration – plusieurs brouillons traînent dans les tiroirs), mais ce n’était juste pas dans mes plans. Dans mes plans, il y avait juste prendre le train (d’où j’écris en ce moment), rentrer à la maison, faire un peu de repassage (oh yeah), et puis aller au resto en amoureux avec PapaGirls.

Sauf que.

Avant de reprendre le train, je suis passée dans un magasin de vêtements aux initiales bien connues en plein coeur de la capitale (j’y avais repéré un legging mignon pour BébéCha, mais ce n’est pas la question aujourd’hui). Un petit tour en rayon, je savais ce que je voulais, et puis direction la caisse.

Et là, devant moi, j’ai assisté à une scène qui m’a fortement touchée… Et troublée. Qui m’a fait me poser plein de questions aussi. A la caisse, une maman attendait avec ses 2 enfants. A vue de nez, une petite fille de 4 ou 5 ans et un petit garçon de 2,5 – 3 ans. Petit garçon qui hurlait aux pieds de sa maman. Il réclamait à sa maman son cartable, que celle-ci (qui l’avait sur le dos) refusait de lui donner. Et plus il tirait dessus, plus il pleurait et plus elle lui disait non. Il se faisait du mal et me faisait de la peine, ce petit garçon. A se donner des coups et se rouler par terre devant une maman imperturbable. Deux personnes dans la file devant moi, plus jeunes, se sont d’abord permis de juger tout bas cette maman et son fils (je vous passe les commentaires dédaigneux). Ensuite, d’une voix mielleuse, ils lui ont dit, quand elle se dirigeait vers la sortie « en tout cas, bon courage Madame, moi je ne pourrais pas ».

Alors j’ai pensé très fort à cette maman. Et à la manière dont j’aurais réagi si cela m’était arrivé. Ce que j’aurais répondu à ces gens (ou pas)… Ce que j’aurais voulu dire à cette maman à cet instant précis.

Cette première situation m’avait fait de la peine et m’avait troublée, me renvoyant à des situations similaires. Et puis au loin, à l’entrée du magasin, quand je suis moi-même sortie, Petit Garçon était toujours en pleurs, accroupi sur le trottoir. Inconsolable. Sa maman était postée quelques mètres plus loin et il attirait tellement l’attention qu’il se faisait photographier par un touriste asiatique visiblement amusé par la scène. WTF ?!?

Je n’ai pas compris la scène à laquelle je venais d’assister. Et en même temps, y avait-il quelque chose à comprendre ? Est-ce que cette maman était à bout ? Fatiguée de sa journée de travail ? D’une réunion importante ou d’une nuit difficile avec les enfants ? Etait-ce la énième crise de la journée, de la semaine ? Celle de trop ? Celle qu’on n’a plus envie d’affronter ? Avait-elle démissionné ? Etait-ce juste son caractère d’être « détachée » de cette situation ?

Je ne sais pas. Je ne saurai jamais. Dans ses yeux, j’ai cru lire la détresse et l’envie de baisser les bras. L’envie de dire « foutez-moi la paix » et le désarroi face à une colère et une tristesse de son fils, qu’elle ne parvenait pas à maîtriser. Qu’elle n’avait pas envie de maîtriser, là, en pleine rue, devant tout le monde.
Et ce petit garçon… Etait-il lui-même fatigué d’une journée d’école dans la chaleur, où il n’avait peut-être pas fait la sieste ? S’était-il disputé dans la cour de récré ? Avait-il juste envie de prendre quelque chose dans son fameux cartable ? Ou essayait-il simplement d’attirer l’attention de sa maman sans savoir comment faire ?

J’ai eu tellement de peine. Pour elle et pour lui.

Je n’aurai jamais de réponse à toutes ces questions qui se sont bousculées dans ma tête. Je ne saurai jamais et je crois que je n’ai pas envie de le savoir. Parce que j’aurais pu être cette maman des milliers de fois. Parce que mes filles auraient pu être ce Petit Garçon des milliers de fois. Qu’il y a des milliers de manières de réagir. Qu’il y a mille façons d’être maman.

Et qu’on fait toutes ce qu’on peut, finalement.

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Crédit: Pinterest
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