Ce n’est qu’une sucette. A l’orange pour l’anecdote. Beaucoup de sucre, un peu de douceur, une jolie couleur. Un sentiment de plénitude, un petit goût qui apaise, un petit rien qui fait plaisir.

Mais aujourd’hui, cette sucette était bien plus qu’une sucette.

Elle est symbolique. Elle est presque symptomatique. Elle représente tout ce que je n’aime pas être en tant que maman. Tout ce que je n’aime pas faire. Non pas que je n’aime pas offrir un bonbon de temps en temps à mes filles, loin de là…

Elle n’était juste pas offerte au bon moment, ni de la bonne manière.

Cette sucette est celle du pardon. Celle de la maman qui a laissé pleurer sa fille dans son lit « parce que c’est la sieste et c’est comme ça ». Et peu importe qu’elle ait fait une très grasse matinée ou qu’elle soit enrhumée…

Celle du regret d’avoir dû la réveiller « parce qu’il est 17h et que si la sieste se prolonge, elle aura du mal à s’endormir ce soir ».

Celle du chantage. Pour enrayer la crise de larmes et la mauvaise humeur d’une petite fille en manque de sommeil et d’une maman pressée « qui doit finir encore son travail sur son ordinateur… sois sage et tu auras une sucette ! »

Celle de l’impuissance aussi probablement. Quand une maman ne comprend pas pourquoi sa fille pleure. Ou ne veut pas comprendre. Ou ne veut pas l’entendre.

Juste une simple sucette. Celle d’une maman à sa fille. Celle qui a probablement eu un goût plus amer que sucré.

Mais celle qu’elle a finalement laissée et oubliée dans un coin, au profit d’un bisou, d’un « je t’aime », d’une crêpe préparée avec amour et d’un gros câlin.

Publicités