C’est fou comme il y a des soirées que je redoute plus que d’autres… surtout depuis que je suis maman. Une sorte d’intuition implacable, le fameux sixième sens de celles qui ont enfanté.Et cette soirée d’aujourd’hui faisait exactement partie de celles que je ne « sentais » pas. Que j’appréhendais avant même de la vivre. La faute peut-être au week-end « chichi ponpon » de la Deuz’, entre antibiotiques et caprices ? Ou à l’absence de PapaGirls, retenu au boulot ce soir ? Ou le temps de m**** qui tape sur le système de tout le monde, particulièrement des enfants ?

On ne saura jamais… mais cette soirée-ci, ce 22 janvier, dans tout ce qu’elle a d’ordinaire et d’extraordinaire, je ne suis pas près de l’oublier !

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15h55 : Tout va bien. Je dois quitter le boulot d’ici 5 minutes pour ne pas rater mon train, mais il me reste 3 mails à envoyer, un briefing à terminer, ma tasse à nettoyer et mon locker à ranger. Je suis LARGE.

16h04 : Va falloir accélérer le pas pour choper le métro et arriver à temps à la gare. Sous la pluie évidemment. Et sans mon parapluie oublié dans la précipitation (sinon c’est pas drôle).

16h17 : train annoncé à l’heure. Pas possible. Trop beau pour être vrai, ça. Méfiance.

16h25 : on quitte la capitale. A l’heure. A une allure vive. Je croise les doigts, mais je sens que ce rêve ne peut durer (navetteur SNCB, toi-même tu sais).

16h55 : on est arrêté dans un No Man’s Land. Depuis 10 minutes. Sans annonce…. ah si. Un arbre est tombé sur les voies, on ne circule donc que sur une seule voie. Et il faut attendre son tour. La faute à la tempête, ma petite dame. On ne me l’avait jamais faite celle-là.

17h27 : j’arrive enfin à destination, c’est-à-dire chez un Papou fraîchement pensionné et largement mis à contribution pour aller chercher les Girls à l’école.

17h32 : Ledit Papou m’annonce que Nanou a préparé un plat chaud à réchauffer pour nous. LA bonne nouvelle de la soirée 🙂 Finalement elle sera peut-être pas si mauvaise que ça !

17h34 : Les filles ouvrent la boite et j’ai l’impression qu’elles viennent de voir un rat crevé tellement je vois l’enthousiasme et l’envie sur leur tête #difficilesmarmots

17h39 : La Deuz’ me fixe en faisant une drôle de tête. Je lui dis « caca ? ». Elle me répond « Trop tard… » Magnifique.

17h43 : Je découvre en ouvrant le cartable que ce regrettable incident est en fait le 2e de la journée (petite culotte emballée, bonjour. Odeur en cadeau).

17h48 : La Deuz refuse d’enfiler son manteau. Elle se la joue « marionette toute molle et insaisissable ».

17h49 : Je m’énerve. Je l’attrape par le bras et lui mets son manteau de force. Crise, évidemment.

17h51 : J’attache l’énergumène en crise dans son siège auto. Exploit parental renouvelé pour la 45534e fois.

17h52 : Tout le village a décidé de défiler dans la rue de mes parents. Une vraie autoroute. « Y’a moyen de me laisser passer, co****** ? » (air exaspéré)

17h55 : (oui, mes parents habitent à 3 minutes de chez moi). Je me gare devant chez moi, les cris ont cessé. Miracle. Mais j’ai oublié le plat tout préparé avec amour par Nanou. Of course.

17h56 : Mon père, dans un élan de solidarité, me le ramène. Merci Papou ❤

17h58 : La Deuz refuse d’enlever son manteau. Logique. Episode 2245.

18h03 : Pour les 2 #difficilesmarmots, ce sera fish-sticks – mousseline. Au moins je suis sûre qu’elles mangent.

18h06 : La Deuz’ tape la grande. Je menace.

18h07 : La Deuz tape encore la grande. Je mets mes menaces à exécution (tu vas réfléchir!)

18h27 : A taaaaaable ! La Deuz refuse de s’asseoir à grands coups de « j’aime paaaaas ». Je suis légèrement énervée.

18h31 : La Deuz est assise et mange la purée mousseline avec le doigt. Elle me fait ainsi bien comprendre où je peux me mettre mes principes d’éducation et de savoir-vivre.

18h45 : Je félicite la Prem’s qui a brillamment fini son assiette. Je laisse tomber pour la Deuz. #démission

18h55 : La Deuz ne veut pas aller au bain.

19h00 : La Deuz barbote dans l’eau du bain, j’aide la Prem’s à se déshabiller et je marche malencontreusement (avec mes nouvelles bottes à talons) sur son pied (nu). Je vous laisse imaginer le résultat.

19h10 : La Deuz ne veut pas sortir du bain. Je la sors moi-même et l’allonge avec un poil de vigueur sur la table à langer, ce qui ne lui plait pas du tout du tout. (et elle me le fait bien comprendre).

19h13 : Je me dis que cette soirée a assez duré, qu’on va chauffer le bibi, prendre l’antibiotique, les gouttes dans l’oreille et « terminé Bonsoir », y’aura pas d’histoires avant d’aller au lit. Mais la Deuz ne veut pas mettre son pyjama. Je ne négocie même plus, je lui mets sans discuter.

19h19 : Pyjama check ; Antibiotique check ; gouttes check ; bibi dans le micro-onde. On y est presque. Mais la Deuz refuse de boire son bibi.

19h21 : Je l’ignore et lis l’histoire de Grand Ours et de Petit Ours dans la chambre de la Prem’s.

19h26 : Je l’ignore toujours et lui lis « Juliette est malade » (oui, j’avais dit « pas d’histoire », mais j’ai des principes d’éducation inconsistants et approximatifs).

19h29 : Allez, zou : 7 gros bisous (en anglais, comble du chic) et dodo. J’éteins les lumières et là, la Deuz me réclame son bibi. Evidemment. Hurlements stridents. Je cède (éducation approximative, rappelle-toi). Je lui donne son bibi et lui demande de le boire tranquillement dans son lit le temps que je couche sa grande sœur.

19h32 : La Prem’s est bordée, chouchoutée, bizoutée. Je récupère le bibi vide chez la Deuz. Elle est câlinée, bizoutée et chouchoutée aussi. #pasrancuniere

19h33 : plus un bruit dans le couloir. Je descends, m’installe dans le canapé, allume distraitement la TV et les babyphones…

19h34 : Dans celui de la Deuz, un cri : « J’ai vomiiiiiiiiiiii »

19h35 : Je l’avais dit que cette soirée serait pourrie, je l’avais dit !

19h36 : changement de draps intégral, pyjama aussi, sans parler du Boubou qui en a pris un coup. Il y en a jusque dans les cheveux. Mais la Deuz trouve que c’est l’éclate de troquer les draps de la Reine des Neiges contre ceux remplis de cœurs. Chacun ses priorités.

19h45 : la machine à laver tourne, les cheveux sont rincés/séchés, plus un bruit dans les chambres des Girls, cette maison respire le calme enfin retrouvé.

20h56 : Edgar, le chat expert en bêtises, fait valser mon verre d’eau dans la cuisine. Il y a du verre PARTOUT. Balai, ramassette et inspection minutieuse. Je crois que je vais aller me coucher en fait. C’est le mieux à faire.

Sauf que … c’était pas fini. Cette soirée n’était décidément pas comme les autres. Cette soirée, je m’en souviendrai longtemps. Car vers 21h20, ma meilleure amie d’enfance m’a demandé d’être témoin de son mariage. Et finalement, c’est ce que je retiendrai de cette sacrée soirée ❤

Il est 23:16 et j’ai fini cet article. Mon homme me fait remarquer qu’il ne pleuvait pas aujourd’hui à 16h04. Et il a raison. Mais comme ça doit être la seule fois depuis environ 45 jours, j’ai décidé que ça compte pas.

J’ai pas de photo correcte, juste celle du t-shirt que je portais aujourd’hui et qui fera l’affaire. J’ai pas envie de chercher. Il faut que je publie. Il faut que je vous raconte cette sacrée soirée… qui va peut-être vous faire rire autant que pleurer (un peu comme moi qui l’ai vécue 😉)… et maintenant dodo !

#offline

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