Pourquoi j’ai besoin d’un sas de décompression

Être une maman, être une collaboratrice efficace, une femme épanouie. Vouloir être parfaite, tout le temps, partout, quelle que soit la casquette que l’on porte. Du matin au soir et du soir au matin, la charge mentale est là. Tapie dans l’ombre, elle est prête à surgir là où on ne l’attend pas et elle nous rappelle sans cesse que les frontières entre nos vies – ou entre nos différentes casquettes – sont poreuses.

Être appelée en pleine réunion par la crèche parce que bébé fait une poussée de fièvre, répondre à un appel urgent du big boss avec un biberon à la main, ne pas profiter de sa soirée en amoureux parce qu’on a en tête la présentation powerpoint du lendemain…

On a beau être maman, femme, professionnelle… on est juste une seule et même personne.

Pour ne pas tomber dans la folie, la schizophrénie ou dans le burn-out (qu’il soit parental ou non, d’ailleurs), on a toutes des petits trucs. Certaines font du sport, d’autres lisent, cuisinent, se branchent sur Netflix, vont faire un spa…  (ou tout ça en même temps).

Et moi ? Moi je prends le train.

Tous les matins vers 7h. Et chaque soir vers 17h. J’ai la chance (ou la malchance, c’est une question de point de vue) d’avoir un boulot qui m’éloigne complètement de chez moi 10h par jour. Plus de 40 km que je parcoure depuis toujours en train. Quand tout va bien, cela me laisse une bonne heure entre le moment où je ferme la porte de chez moi et celui où j’allume l’écran de mon ordinateur sur mon un bureau (shared workplaces, you know?).

Cette heure chaque matin et chaque soir ; ce trajet en train, c’est mon sas de décompression à moi. De nécessaire, il m’est devenu indispensable.

Le sas, pour ceux qui connaissent un peu la télé-réalité, c’est la petite pièce dans laquelle les candidats nominés attendent que la sentence du public tombe et renvoie l’un d’entre eux dans la vraie vie. Ce trajet quotidien en train, c’est littéralement aussi un sas entre mes vies. Le soir surtout, il me ressource et me régénère avant de retrouver mes filles. Il me permet et m’oblige même à fermer la porte sur mes dossiers, mes futures présentations et prochaines réunions à préparer. Quand je passe le pas de la porte, je suis leur maman à 100 %. Le matin, il me conditionne à redevenir pour les 10 prochaines heures une collègue et une collaboratrice la plus efficace possible, à préparer mes réunions et à organiser au mieux mon travail.

Comment j’occupe ce trajet ? Je ne peux jamais le savoir d’avance. Parfois je ne suis pas seule, le temps passe vite quand on discute avec les copines. J’ai toujours un livre sur moi, mes écouteurs pour écouter mes playlists favorites. Parfois, je regarde une série Netflix sur mon smartphone. Il m’arrive aussi de noter des idées pour mon blog ou de rédiger un article. De rêvasser en regardant passer le paysage ou, quand le sommeil se fait sentir, simplement de me laisser aller à une micro-sieste réparatrice.

Ce sas me permet d’évacuer le stress quotidien, de trouver l’équilibre nécessaire entre toutes mes casquettes. Je ne pourrais envisager de faire ce trajet en voiture (même si la SNCB me joue parfois des tours, c’est vrai) ! Trop de temps perdu, d’embouteillages, de stress et d’incertitudes…

Et puis les transports en commun, c’est plus écologique 🙂

Et vous, vous avez besoin d’un sas de décompression dans vos journées mouvementées ? Quel est-il ?


18 réflexions sur “Pourquoi j’ai besoin d’un sas de décompression

  1. alors j’adhère totalement à l’idée car pendant 2 ans j’ai eu ça…45 min de train où je pouvais lire, rêver, écouter de la musique (et en vérité souvent dormir). MAIS j’ai aussi eu 6 ans à prendre le train, toujours le même temps MAIS là c’était une corvée…pas le même train, tout le temps blindé, des gens hurlant et suant. horrible, je me demande encore comment je faisais pour passer 1h30 chaque jour là dedans sans péter un plomb (et je ne parle même pas de pendant ma grossesse…). Désormais moi c’est la voiture. Je peux faire bcp moins de choses mais déjà écouter ma petite émission peinarde c’est un grand kiff

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    1. L’essentiel est de s’y retrouver et de transformer ce moment en moment pour soi, quel que soit le trajet et le moyen de transport. J’ai de la chance d’emprunter une ligne qui est bien fréquentée, mais relativement bien desservie. J’y ai quasi toujours une place assise, et le train est rarement bondé. ça aide !

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  2. J’ai des temps de trajet trop longs, donc malheureusement pour moi par de sas, plutôt un concentré de stress. Mais lorsque j’avais seulement 20 minutes, c’était un vrai bonheur pour moi. Je mettais ma playlist dans la voiture et je pouvais juste chanter faux à tue tête et sortir le stress de la journée, ou alors le matin repenser à ma to-do list professionnelle pour la journée à venir.

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  3. J’imagine parfaitement ce que tu peux ressentir dans ton sas 🙂 moi c’est le matin, j’ai décidé depuis plusieurs semaines de mettre le réveil 1h plus tôt et c’est mon moment à moi, où je me réveille en douceur, en tete a tete avec moi, et où je prends le temps, pour moi.

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