En septembre prochain, j’aurai 10 ans de carrière. Et en octobre, cela fera 5 ans que je suis maman. Depuis 4 ans et 9 mois, je suis donc une « working mum ». A temps plein. Qui assume autant qu’elle peut le côté « working » et le côté « mum ». Mais pas toujours…

J’ai toujours adoré mon job

Je suis d’ailleurs toujours dans la même entreprise qu’il y a 10 ans. Le contenu du job a considérablement évolué, c’est aussi probablement pourquoi il reste toujours autant passionnant et rempli de nouveaux challenges que je me plais à relever. Certains collègues sont devenus si proches que ce sont des amis. Les conditions de travail sont très bonnes et les avantages, nombreux. Le matin, je me lève en étant contente d’aller bosser. Vraiment.

Quand j’ai annoncé que j’étais enceinte, la nouvelle a été très bien accueillie

J’ai pu m’absenter pour mes rendez-vous médicaux tout au long de mes 2 grossesses et mon arrêt de travail à 7 mois de grossesse (pour la Deuz’) a été accueilli avec beaucoup de compréhension. Chaque fois, j’ai quitté mon boulot et mes collègues en sachant que j’allais vivre l’aventure humaine la plus merveilleuse qui soit, mais aussi en sachant pertinemment que le fait de bosser allait me manquer.

J’ai vécu 2 congés de maternité différents, l’un marqué par mes premiers pas de maman, l’autre par les adaptations que demande une nouvelle vie à 4. Sniffer du petit bébé tout neuf, le regarder pousser, s’attendrir des toutes premières fois, dormir peu, câliner beaucoup… j’ai vécu tout ça 2 fois, pleinement et intensément.

2 congés de maternité qui (n’)ont duré (que) 3 mois…

Encore aujourd’hui, et c’est là tout le paradoxe de la maman qui (aime) bosse(r), je suis partagée sur cette très courte durée du congé de maternité.

Il est court, extrêmement court, ce congé mat’ « légal ». Laisser son tout petit bébé d’à peine 3 mois à la crèche ou chez une nounou demande un effort et une adaptation extrêmement durs, presque cruels. Ils sont trop petits pour ça. Ils ont encore tellement besoin de leur maman.

Pour tout un tas de raisons, je n’ai pas eu le choix de reprendre très vite le boulot. Mais quelque part, cela m’arrangeait aussi, car je n’avais pas envie de prolonger mes congés de maternité. Vous pouvez me jeter la pierre, me dire que je suis une mauvaise mère, une carriériste, une égoïste, une égocentrique…

Et vous savez quoi ? En un sens, je vous donnerai raison. Parce que ces 2 femmes cohabitent en moi (instant schizo, bonjour !) et qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise direction. Il y a juste le chemin qu’on choisit de suivre, chacune. Je ne prétends pas avoir pris le meilleur, j’en suis consciente. Et aujourd’hui, parfois, je regrette de ne pas être restée plus longtemps à 100 % près de mes 2 filles. De ne pas avoir arrêté un temps de travailler pour être auprès d’elles. Parce que j’ai raté et que je rate encore des moments essentiels. Qu’elles seraient peut-être plus épanouies ou moins angoissées si j’étais là pour elles au quotidien. Que c’est difficile, tous les jours, de tout mener de front et de faire du mieux qu’on peut avec chaque casquette.

D’assurer la réunion d’équipe alors que la nuit a été entrecoupée par les pertes de doudou ou les dents qui percent.
De courir récupérer la Deuz chez la nounou pour suspicion de varicelle alors que le bouclage du plus gros dossier de l’année s’annonce.
D’expédier le bisou du matin pour ne pas rater son train.

Au fond, je sais pertinemment que mon épanouissement personnel passe par le fait de faire un boulot que j’aime et qui m’apporte beaucoup.

Que si ce n’est pas le cas, il y a une petite flamme en moi qui vacille et s’éteint. Et que mes filles le ressentiraient immanquablement.

Il est là le paradoxe. Il sera toujours là. Je sais que tout au long de ma vie et de ma carrière, je pencherai tantôt plus vers le côté « mum », tantôt vers le côté « working ». Mais que chez moi, ils sont indissociables.

Pourquoi, en 2017, on ne pourrait pas avoir le full package salarial de working mum et les câlins extra-légaux qui vont avec ?

Pourquoi choisir, si on peut faire les 2 ?
Pourquoi choisir, si on aime faire les 2 ?

Et toi, tu le vis, ce paradoxe ?

Publicités